Gibbs: «Les 10 secondes les plus longue de ma vie»

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Le latéral gauche se livre sur ses blessures, son frère jumeau joueur de football amateur et la joie de devenir un titulaire dans une équipe d’Arsenal qu’il croit capable de soulever le trophée de Premier League et ainsi mettre fin à la disette du club londonien.

Le début de saison de Kieran Gibbs (ici au contact avec Adlene Guedioura lors de la victoire sur Crystal Palace) est réussi. Le latéral gauche a joué tous les matchs de Premier League et de C1, sans oublier un but contre Fenerbahçe en barrage aller en août.

Le début de saison de Kieran Gibbs (ici au contact avec Adlene Guedioura lors de la victoire sur Crystal Palace) est réussi. Le latéral gauche a joué tous les matchs de Premier League et de C1, sans oublier un but contre Fenerbahçe en barrage aller en août.

Kieran Gibbs se souvient du coup de téléphone qu’il a reçu il y a deux ans et demi au sujet de son métatarse cassé, un moment qu’il considère toujours comme «les 10 secondes les plus longues de sa vie», pensant que le docteur du club à l’autre bout du fil allait peut-être lui annoncer la fin de sa carrière de footballeur. Tandis qu’il décrit ses émotions sur le terrain d’entrainement d’Arsenal, cela parait évident que le joueur de 24 ans, natif de Croydon (ndlr: banlieue sud de Londres) qui est s’est imposé comme le titulaire du poste d’arrière gauche, a du traverser de multiples obstacles pour en arriver là. Ce métatarse cassé, blessure reçue contre le Standard de Liège en novembre 2009, ressemblait selon ses dires à un «trou fait par une balle»  et Gibbs a aussi du subir une opération pour soigner une double hernie.

Qui plus est, à chaque fois que Gibbs a eu une grosse blessure ces dernières années, Arsène Wenger devait recruter un nouvel arrière-gauche. Andre Santos est arrivé à l’été 2011. Lorsque Gibbs s’est blessé à la cuisse en janvier, Nacho Monreal est arrivé. Pour l’instant, Gibbs a relégué l’international espagnol sur le banc, menant sans aucun doute la meilleure période de sa carrière. Il sera titulaire contre Liverpool aujourd’hui en Premier League.

Il a 24 ans et le sixième anniversaire de ses débuts en équipe première contre Sheffield United en League Cup a eu lieu jeudi dernier. Il aurait pu jouer davantage de matchs sans toutes ces blessures mais aucune n’a été plus grave que cette fracture du métatarse qui la laissé sur le flanc durant 9 mois, subissant complication sur complication.

«A un moment, j’ai subi un scanner et j’attendais juste que le docteur me dise que tout allait bien.» dit Gibbs. «Il m’appelle et me dit: « Ecoute, nous avons un petit problème mon garçon. » Je me suis dit « Oh mon dieu, qu’est ce qu’il va me dire? Va t’il m’annoncer que je ne pourrais plus jouer? » Un million de pensées ont traversé mon esprit avant qu’il dise: « Il te faut une nouvelle opération et nous devrions parvenir à mettre un terme à tout ça après. » Lorsqu’il m’appelle, cela dure 10 secondes. Je me suis dit: « Qu’est ce que je vais faire? » Il n’y a pas un jour sans que je ne me remémore cet instant et il y avait un risque que je ne joue plus. Cela me fait apprécier davantage les choses.»

Gibbs a du vivre avec le fait qu’il allait être perçu comme un joueur fragile, malgré ses 27 matchs de Premier League l’an passé, son meilleur total pour l’instant. Il souhaite souligner également que la pire blessure subie, ce métatarse fracturé en 2009, résulte d’un simple contact avec le pied de l’espoir français Eliaquim Mangala, joueur de Porto alors à Liège, qui essayait de bloquer son tir.

Gibbs ne le sait pas encore mais ce tacle de Mangala va lui faire vivre l'une des plus douloureuses périodes de sa carrière.

Gibbs ne le sait pas encore mais ce tacle de Mangala va lui faire vivre l’une des plus douloureuses périodes de sa carrière.

«J’avais très mal mais à ce moment, j’étais sous l’effet de mon adrénaline. » explique Gibbs. «Lorsque j’ai essayé de marcher, mon corps m’a dit que c’était impossible. J’ai baissé la tête et j’ai vu un trou dans mon crampon avec du sang qui en sortait. Je suis allé dans les vestiaires et j’ai sauté sur la table de massage. Et puis je me suis calmé et la douleur a commencé à vraiment se faire sentir. Ils ont coupé le bout de ma chaussure. J’ai regardé la blessure quelques secondes. Il y avait un trou, une grosse blessure ouverte. Et puis j’ai fermé les yeux jusqu’à mon arrivée à l’hopital. Je n’ai pas regardé à nouveau. J’avais trop mal. Je refusais les antalgiques pour le plaisir d’avoir mal. Les gens disent de moi: «C’est un bon joueur mais il est souvent blessé. » C’est quelque chose qui est très frustrant pour un joueur, surtout lorsqu’il ne se considère pas comme quelqu’un de fragile. C’est la plus grande chose que je souhaite mettre au clair. Je sais que je peux supporter le nombre de matchs. J’ai l’impression de l’avoir déjà fait. L’an dernier, j’ai subi une seule blessure mais j’ai toujours la sensation que je peux jouer à ce niveau.»

Cette blessure du métatarse impliqua deux opérations distinctes, avec l’aide du chirurgien néerlandais Niek van Djik, spécialiste des blessures au pied, prenant finalement l’os du bassin de Gibbs afin de fixer son pied. Initialement, il se sentait bien après quelques mois et était proche de revenir dans l’équipe, jusqu’à ce que des scanners ont dévoilé un potentiel problème nécessitant une seconde intervention.

Il lui a donc fallu deux opérations traitant des hernies en novembre 2011, signa un nouveau contrat en décembre dernier, et se déchira un muscle de la cuisse juste avant la fin du mercato hivernal. Ce qui provoqua l‘arrivée de Monreal, qui écarta Gibbs des terrains pendant pratiquement toute la fin de saison, mais désormais, la hiérarchie s’est inversée.

L’histoire entre Gibbs et Arsenal a commencé alors qu’il n’avait que quatorze ans, et lorsque l’Academy de Wimbledon, où il était avec son frère jumeau Jaydon, ferma ses portes. Les deux frères étaient considérés comme de trop petite taille par de nombreux entraineurs, bien que Kieran mesurait presque 1m83. Jaydon fut libéré et a ensuite évolué dans des clubs amateurs, tels que Chipstead et Guildford City, avant qu’il ne signe à Aldershot Town, en septembre.

Kieran a suivi la carrière de son frère en amateur, allant le voir jouer autant que possible. Il décrit son jumeau, un ailier, comme « le joueur le plus « tape à l’œil »…Il a une grande gueule, mais c’est un bon gars ». La différence entre leur niveau de jeu, cependant, est impossible à ignorer. Discutent-ils de la manière dont l’un a fini par jouer en Ligue des Champions et l’autre, jusqu’à septembre, la Ryman League First Division South ?

«Pas vraiment, nous avons un profil différent. Ce n’est pas comme si nous étions tous les deux des attaquants. Ou défenseurs centraux. Nous avons toujours été concurrents. Nous nous sommes toujours battu et engueulé, comme n’importe quels jumeaux. Dès que nous avons arrêté de suivre les cours scolaires, cela s’est arrêté. J’ai quitté la maison quand nous nous sommes rendus compte que nous avions quelque chose que beaucoup de personnes n’avaient pas, donc nous essayons de profiter la présence de l’autre, à présent. Arsenal nous a d’abord demandé de venir ensemble. Nous avons été au club durant une année. Mon frère était vraiment petit, nettement plus petit. Depuis, il a grandi. Il a toujours été un bon joueur. Il était davantage un ailier. Sa croissance a freiné sa progression. Je veux dire qu’il était petit mais il était minuscule. Quand je suis arrivé pour la première fois à Arsenal, j’étais un nain comparé aux autres joueurs de l’équipe.»

Les jumeaux Gibbs fêtant leur anniversaire.

Les jumeaux Gibbs fêtant leur anniversaire.



Quand il s’est vu offrir une bourse par Arsenal, Gibbs a été accueilli chez la famille des Lansbury, les parents d’Henri, évoluant à présent à Nottingham Forest, qui est devenu un bon ami. Curieusement, il n’évolua jamais en tant qu’arrière gauche chez les jeunes, et y a joué pour la première fois lors de ses débuts avec l’équipe première. Après cette saison, 2007-08, il fut prêté à Norwich City, qui l’a aidé à travailler énormément sur son physique.

Il a évolué à deux reprises en sélection, et a été appelé dernièrement par Roy Hodgson quand Ashley Cole a dû déclarer forfait. Le sélectionneur anglais apprécie Gibbs et le cite régulièrement comme le type de joueur de haut niveau pour lequel il ne peut trouver de place, en raison de la domination de Cole et de Leighton Baines à ce poste.

En vue du choc de samedi, il est indéniable que la forme actuelle de Liverpool représente le plus gros test d’Arsenal à domicile cette saison. Gibbo tempère: «Il est encore trop tôt pour le dire qu’Arsenal peut remporter le trophée mais nous avons prouvé que nous en sommes capables. Mais nous avions montré cela également la saison passée. Cela dépend de notre capacité à rester régulier.»

Il a fait face à bien des difficultés: les blessures, la concurrence et – avant sa fracture du métatarse– sa glissade qui a permis à Park Ji-Sung de marquer le but décisif en demi-finale retour de la Ligue des Champions contre Manchester United en 2009.

Maintenant, il affirme qu’il est heureux de prouver qu’il puisse jouer régulièrement dans une équipe d’Arsenal, où un noyau britannique de qualité s’est formé, et dans laquelle il a un rôle clé, semaine après semaine.

Mes autres passe-temps

Je ne joue pas au golf, donc je vais dire que je regarde les séries TV comme Breaking Bad. Nous voyageons énormément, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour en regarder. Celle-ci m’a vraiment bluffé. C’est du pur génie.

#Max et #Alex H (via The Independent)

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