Olivier Giroud, une libération personnelle au profit du collectif

Par défaut

Tous les chemins mènent au succès. Certains ne sont pas les plus évidents, ni les plus médiatiques, mais à force de travail, de conviction et d’ambition, il est possible d’atteindre un idéal. Olivier Giroud n’a pas débuté sa carrière professionnelle dans un club de niveau européen. Il n’a même pas été formé dans un grand club français (il signe son premier contrat à 19 ans avec son club formateur Grenoble, pensionnaire de L2 à l’époque.) Il a franchi les étapes une à une, s’imposant dans chaque club par lequel il est passé à force de travail, de volonté et d’abnégation . Fort d’un titre de champion de France 2012 avec Montpellier – aussi improbable que mérité – il s’engagea à Arsenal à l’été 2012. Alors que le départ de Robin Van Persie ne faisait plus aucun doute, peu imaginait Outre-Manche qu’Olivier aurait la carrure suffisante pour oublier le serial striker hollandais. Le natif de Chambéry s’est alors armé de patience et de travail pour s’imposer sur le front d’attaque des Red & White. Cela commence à payer.

Quelle différence entre l’Olivier Giroud de cette saison et celui de la campagne précédente ?

La saison passée, Olivier débarquait dans un championnat différent, suivi par des médias et des supporteurs plus sévères, dans un club qui s’était – de nouveau – séparé de deux joueurs cadres de son effectif, le duo Robin van Persie-Alex Song. Ce début de campagne est différent. L’international tricolore (23 sélections, 5 buts) s’est acclimaté à la vie londonienne, a définitivement conquis le cœur des supporteurs (la chanson qui lui rend hommage sur un air de Hey Jude des Beattles est chanté à chaque match), s’est totalement intégré dans l’effectif – quasiment inchangé – des Canonniers, connaît davantage ses coéquipiers.
L’aspect mental est également à prendre en compte. Le buteur est intransigeant avec lui-même. Ses marques de frustration sont légions durant ses apparitions. Dans une interview donnée à France Football début octobre Il avouait qu’il s’était mis lui-même handicapé: «Quand je suis arrivé l’année dernière, inconsciemment, je m’en suis mis (de la pression, ndlr) peut-être encore plus qu’aujourd’hui, peut-être trop, car, entre guillemets, je remplaçais van Persie. J’essayais de me dédouaner, mais, fatalement, j’y pensais. En début de saison dernière honnêtement, je ne faisais pas les bons gestes. Dans la finition, je me crispais.»

De plus, ses deux pré-saisons s’apparentent au jour et la nuit. L’été précédent, sa préparation avait été tronquée en raison de sa participation à l’Euro.  L’été suivant fut totalement prolifique et bénéfique le concernant. Une multitude de buts inscrits (8 en 5 matchs), d’occasions créées. Tout ceci durant une période où une pléthore de rumeurs à propos du recrutement d’un « top striker » faisaient les joies des médias. Une pression médiatique qu’alimenta le Français lui-même, en déclarant souhaiter cette recrue. Une preuve de force, de confiance en soi, de dévotion pour son équipe. Car au final, Olivier se retrouve comme l’unique pointe d’Arsenal (si on omet Bendtner et Sanogo). Une situation qui ne s’avère peut-être pas si anodine que cela. Si les tentatives de recrutement n’ont connu pas les sorts espérés du côté de Colney, les performances du Gunner ne poussaient pas pour autant à recruter un second attaquant. Enfin, l’autre différence se situe sur le climat autour du club. Une forme étincelante – une seule défaite lors de leurs 24 dernières rencontres. Les arrivées de Mathieu Flamini – qui rééquilibre le milieu, et de Mesut Özil – qui retranscrit la nouvelle ambition du club du nord londonien. L’explosion de certains « jeunes » de l’équipe – Ramsey, Gibbs pour ne citer qu’eux. La qualité du groupe était déjà présente, mais la stabilité de l’effectif conjuguée aux recrues de qualité, établit un sentiment, si ce n’est d’invulnérabilité, de haute confiance en soi, au sein de ce collectif.

Techniquement, dans quels domaines Giroud s’est-il libéré ?

Dans l’imaginaire collectif, un attaquant est – avant tout – jugé sur sa capacité à marquer, puis à faire marquer ses coéquipiers. Son rôle ne se résume pas seulement à cela.  Effectuer le rôle de « premier rideau défensif » en gênant les relances des défenseurs, créer des espaces grâce à des « courses dans le vide », etc. La saison passée, Olivier pouvait être principalement caractérisé ainsi : travailleur, combatif, dévoué, mais pas suffisamment « tueur ». Actuellement, de nouvelles remarques ressortent davantage de ses prestations – autres que son efficacité devant les cages. Il arrive mieux à se placer entre les défenseurs. Lors de l’opposition face à Norwich, deux des centres de Bacary Sagna auraient trouvé la tête de son compatriote idéalement placé, sans l’intervention des défenseurs centraux. Ou encore, le petit centre en retrait de Kieran Gibbs pour Olivier, qui était passé devant son adversaire.

Peu avare de courses dans le vide, il permet de libérer de l’espace pour ses coéquipiers dans la surface. Aaron Ramsey lui avait dit « You made the goal » lors de la victoire à Marseille 2-1: en partant sur la gauche, il a embarqué deux défenseurs olympiens, laissant un boulevard dans lequel le Gallois s’est engouffré pour inscrire le but. Il fait davantage jouer ses partenaires, et leur permet de se mettre en position de tirs grâce à son jeu de pivot dos au but. Sa technique libérée lui permet de réceptionner les longs ballons à sa destination, de protéger le cuir, puis de se remettre en bonne position pour servir un coéquipier.

Enfin, en plus d’être offensivement libéré, il participe défensivement. Si son pressing était déjà présent la saison passée, il l’est davantage cette saison – bien que pratiquement invisible au niveau des statistiques. En masquant et réduisant un peu plus sa frustration, Olly est plus prompt dans cette tâche. Ha oui et on a oublié de vous dire, Giroud est le meilleur passeur actuel de Premier League (4 passes)

Plus tueur (meilleur ratio but/tir cadré) mais surtout plus combattif (davantage de duels aériens gagnés)

Petit comparatif entre le Giroud de la saison dernière et le Olivier de ce début de saison.

1381241_10201925984818554_10375018_n

#Alex H

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s