Toujours devant, même dans la douleur!

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Certes le niveau technique, bien au dessous de celui du derby entre Liverpool et United, a sérieusement laissé à désirer, mais les 22 acteurs de ce Arsenal-Tottenham nous auront régalé de par leur engagement et le rythme qu’ils auront mis lors de ces 90 minutes. Même sans buts à foison et dégringolade d’occasions, un derby nord-londonien reste ce qu’il se fait de mieux en Angleterre. Surtout quand Arsenal perpétue la tradition en l’emportant, même s’il s’en fallu de peu contrairement aux dernières éditions.

La ferveur ressentie dans l’enceinte de l’Emirates Stadium dès l’entrée des joueurs aurait pu faire trembler les fondations. En pleine bourre, les Gunners avaient besoin de mettre un point d’orgue à ces dernières semaines de cartons pleins. Les hommes de Wenger vont d’ailleurs se montrer très actifs dès les premières minutes et vont rapidement obliger leurs adversaires à mettre le pied, toujours sous la bronca de l’Emirates. Légèrement dépassés par les événements, les Spurs concèdent alors deux coup-francs aux abords de la surface, lesquels furent inhabituellement mais agréablement tirés par Santi Cazorla, dont le nom fut scandé à répétition pendant les minutes qui suivirent le coup d’envoi. En effet, le milieu espagnol chauffera les gants de Lloris dès la 3ème minute en propulsant le cuir en direction de la lucarne droite du français, avant de choisir une option plus vicieuse sur le coup de pied arrêté suivant (6e) qui passera en dessous du mur pour venir raser le poteau d’un Hugo Lloris archi-battu. Mais étrangement, Mertesacker et ses comparses vont par la suite sacrément déchanter, pris en tenaille dans un pressing très haut. Wilshere, invisible, et Ramsey, inhabituellement maladroit, peinent à ressortir les ballons qui reviennent à chaque fois dans les pieds des Spurs, qui eux ne se privent pas pour lancer quelques vagues sur les buts de Szczesny. Ainsi, Chadli teste le portier polonais (11e) avant que les frappes de Soldado (13e) et Townsend (19e) ne s’heurtent au mur rouge et blanc. Alors, comment souvent face à leurs rivaux, les canonniers vont se charger de les punir sur un contre assassin, avec à la baguette Rosicky et Walcott, comme il y a deux ans. Bien lancé dans la profondeur de la surface, l’anglais sert un Olivier Giroud auteur d’un incroyable enchaînement, et qui pousse la sphère au fond des buts de Lloris. L’attaquant français, en attirant Dawson dans la surface, a permis à Walcott de ne pas se retrouver en position de hors-jeu, et réalise juste derrière un très beau mouvement vers le but pour mettre le pied sur le ballon devant son vis-à-vis (23e). A partir de l’ouverture du score, Arsenal va dérouler et se procurer plusieurs occasions. Ainsi, Walcott aurait pu doubler la marque par deux fois (26e et 32e) si Hugo Lloris n’avait pas réalisé une somptueuse sortie en dehors de sa surface, et Aaron Ramsey aurait lui aussi pu aggraver le score s’il n’avait pas manqué le cadre du droit dans la surface adverse (31e). Mais si les Gunners sont les meilleurs dans la création d’occasions en première période, et ça malgré les belles percées de Townsend (30e et 40e), ces derniers perdent la possession du cuir trop facilement, annonçant peut-être les prémices de la catastrophe.

Un manque de réalisme et de précision qui aurait pu coûter cher.

Les statistiques font froid dans le dos malgré la victoire. En effet, à la fin des 90 minutes, Tottenham a complété 133 passes de plus que son adversaire, et gagne la possession à 54% contre 48%. Par ailleurs, alors qu’aucun Spurs ne culmine à moins de 83% de passes réussies, seulement deux de leurs adversaires, milieux et attaquants réunis, passeront la barre des 80% de passes complétées (Cazorla, 82, et Flamini, 86). Pour finir, le nombre de mauvaises relances et d’imprécisions dans les passes est effrayant. La fatigue peut-être? Ramsey, mais aussi et surtout Rosicky ont rencontré des difficultés dans la transmission de balle, et ont plusieurs fois mis leur équipe en danger. Heureusement, un très bon “back four” a veillé aujourd’hui, Soldado n’ayant pu toucher plus de cinq ballons dans la surface. Si Jenkinson a eu quelques difficultés à contenir Chadli, Mertesacker a parfaitement fait le travail dans les duels aériens, alors que Koscielny a su mettre agressivité nécessaire pour garder les buts de son gardien inviolés.

Mais face à la pression accrue des hommes de Villas Boas, l’idéal aurait été de doubler la marque en contre. Et ce ne sont pas les occasions qui ont manqué! Alors certes, les visiteurs peuvent remercier un Hugo Lloris dans une forme stratosphérique, mais Walcott, Giroud et consort ont manqué d’efficacité devant le but. Le français aurait pourtant pu s’offrir un beau doublé en mettant son compatriote à contribution sur un demi-volée à l’entrée de la surface (64e). Mais rien n’y fait, l’ancien lyonnais veille, tout comme face à Walcott sur lequel il sort une deuxième fois impeccablement (70e) avant de repousser une nouvelle frappe dix minutes plus tard. La confiance affichée par le portier a d’ailleurs requinqué ses coéquipiers, qui étouffèrent littéralement les Gunners en fin de match. Defoe, rentré en cours de match, va mettre à contribution Szczesny à un quart d’heure de la fin d’une superbe demi-volée, repoussée in-extremis par ledit gardien. Vont s’en suivre dans les dernières minutes cafouillages sur cafouillages dans la surface, desquels les hommes de Wenger s’en sortiront indemnes à coup de dégagement très brouillons.

Au final, Arsenal joue l’éternel mort-vivant. Enterré par les spécialistes, la presse, les supporters adverses, en partie en raison du montant de leur recrutement, Wenger a prouvé encore une fois qu’il n’était pas nécessaire de dépenser plus de 100 millions d’euros sur le marché pour gagner un derby. Sans la manière des années précédentes, Arsenal reste le souverain londonien et débute septembre de la meilleure des manières.

Un derby qui lève le voile sur un problème majeur.

Diaby, Arteta, Podolski et Alex-Oxlade Chamberlain, ou quatre cadres de l’équipe blessés pour encore au moins plus d’un mois, tout cela sans compter le fait que Vermaelen ne retrouvera surement pas sa forme de si tôt. Alors que les matchs de Ligue des Champions arrivent à vitesse grand V, et que les rencontres devraient donc s’enchaîner tous les trois jours, le banc d’Arsenal est surement actuellement le plus pauvre de toutes les grosses écuries d’Europe. Parallèlement, Wenger est de plus en plus réticent à lancer les jeunes pousses dans le grand bain. A l’époque, Fabregas avait su profiter des blessures pour s’imposer avant même sa majorité, mais aujourd’hui, ni Zelalem ni Gnabry, tout deux sur le banc contre Tottenham, ne semblent prêts à saisir leur chance si l’on en croit leur manager alsacien. Alors quelles sont les solutions à quelques jours de la fermeture du mercato? A l’heure où ces lignes s’écrivent, Ozil et Cabaye sont les deux joueurs les plus liés au club et pourraient venir renforcer ce banc qui a cruellement besoin de profondeur avant les semaines à venir. Si le onze type reste très costaud, les joueurs ne peuvent enchaîner les matchs à tout bout de champ, notamment des joueurs comme Ramsey, Wilshere ou Rosicky, qui ont joué un rôle prépondérant cet été, que ce soit lors de la pré-saison ou lors des matchs officiels. Encore un ou deux blessés “sérieux”, et Arsenal pourrait vite perdre des points bêtement. Wenger, de ce côté là, et malgré la pancarte “IN ARSENE WE TRUST” affichée au coup de sifflet final de ce derby, est sur le corde raide.

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Fiche du match

Arsenal 1-0 Tottenham (Emirates Stadium : 60,071 spectateurs).

3e journée de Premier League,
arbitre: Michael Oliver

But : Giroud (23e) pour Arsenal

Avertissements : Rosicky (33e), Flamini (55e) pour Arsenal ; Defoe (81e), Soldado (90e+6) pour Tottenham

Onze de départs:
XI ArsenaI: Szczesny, Jenkinson, Mertesacker (cap.), Jenkinson, Gibbs, Ramsey, Wilshere (Flamini, 43e), Rosicky (Monreal, 79e), Walcott (Sagna, 90e+2), Giroud, Cazorla. Entr: A.Wenger
Non utilisés : Fabianski, Gnabry, Zelalem, Sanogo

XI Tottenham: Lloris – Walker, Dawson (cap.), Vertonghen, Rose – Capoue (Sandro, 75e), Paulinho – Chadli, Dembélé (Defoe, 69e), Townsed (Lamela, 75e)- Soldado. Entr: A.Villas-Boas
Non utilisés: Friedel, Naughton, Hotlby, Sigurdsson

Chiffres du match:

Possession : Arsenal 43% – 57% Tottenham
Tirs (dont cadrés) : Arsenal 12 (5) – 14 (5) Tottenham
Arrêts : Arsenal 3 – 4 Tottenham
Corners : Arsenal 3 – 6 Tottenham
Fautes : Arsenal 15 – 14 Tottenham
Hors-jeu : Arsenal 1 – 0 Tottenham
Pourcentage de passes réussies : Arsenal 74% – 85% Tottenham
Pourcentage de duels aériens remportés : Arsenal 53% – 47% Tottenham

Notes des joueurs

Homme du match: 
Giroud (8) : Buteur décisif. Giroud a été exceptionnel en pointe. Il a malmené tout au long de la rencontre Dawson. Un match plein de sa part.

Szczesny (7) : Le Polonais semble s’être remobilisé depuis la débâcle de la première journée. Auteur d’une parade reflexe exceptionnelle en seconde mi-temps, il a clairement rassuré par son talent sur sa ligne. Cependant, ses relances restent un défaut qu’il devra corriger.

Jenkinson (6) : Mangé par Chadli en première période, le jeune anglais a sortie une copie satisfaisante en seconde. Toujours timide dans ses montées, il a fait le minimum pour apporter son soutien à Walcott.

Mertesacker (6,5) : Tranchant dans ses interventions, Captain Mertesacker a été plus solide qu’à l’habitude mais ses relances parfois hasardeuses sont sources de bouffées de stress pour les fans.

Koscielny (7,5) : « Soldado who ? » Face au buteur espagnol, Kos The Boss a été impeccable. Ses tacles toujours plus tranchant et ses interceptions ont été des bouffées d’oxygène pour sa défense.

Gibbs (6,5) : Moins en vue sur son aile gauche, le latéral anglais a eu des difficultés en début de matchs avec la vivacité de Tonwsen mais il a très vite pris la mesure de son adversaire pour le neutraliser. Un bon match.

Ramsey (7) : Moins précis, le Gallois a compensé ses imprécisions par son activité incessante et ses courses vers l’avant. Un maillon essentiel de l’équipe. Il est un peu parti à l’aventure en seconde période, sans préjudice pour Arsenal.

Wilshere (6) : Très discipliné, Wilshere a été important dans la relance d’Arsenal. Remplacé juste avant la mi-temps par Flamini (7). Le Français, de retour après 5 années au Milan, a impressionné par sa hargne et son attitude dès son entrée en jeu. Un véritable aboyeur.

Cazorla (6,5) : Ses deux coup-francs en début de match aurait pu mettre à l’abri mais il fallu un grand Lloris et de quelques centimètres pour contrarier le lutin espagnol. Il a apporté le danger sur la défense de Tottenham par ses tentatives combinaisons.

Rosicky (6,5) : Quand le Tchèque est dans cette forme, il est superbe à regarder. Ses passes, toujours vers l’avant, sont un régal. Il apporte cette verticalité que ses partenaires n’apporte pas assez.

Walcott (6) : Passeur décisif sur le but d’Olivier Giroud. L’Anglais a alterné le bon et le moins bon comme à son habitude. Une nouvelle fois, il a délaissé son aile droit pour rester aux côtés de Giroud en pointe.

#Yannick, #Yann et #Anto

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