Arshavin, les adieux d’un Tsar.

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En compagnie de Denilson et Squillaci, il est le troisième joueur de l’équipe première d’Arsenal a quitter le club en ce début d’été. Et pourtant, Andreï Sergueïevitch Archavine, ou à l’anglaise Andrey Arshavin, est ce genre de joueur atypique qu’on regrette, et dont le départ laisse un gout amer. Le lutin Russe, qui a posé ses valises lors d’une froide journée de janvier 2009, avait de suite prouvé qu’il n’était pas là par hasard, et a largement contribué aux succès des Gunners lors de la seconde partie de saison. Cinq ans plus tard, Arshavin alterne entre banc et tribunes, et ne foule la pelouse qu’à l’entrainement. Des rives de la Volga aux pubs londonniens, en passant par Anfield, la terre conquise du Tsar, retour sur un parcours étrange, à l’image du personnage et du joueur.

Andrei Arshavin voit le jour en mai 81, à Leningrad. Son père, footballeur du dimanche, encourage très rapidement son fils à se lancer à 200% dans le football. Mais alors qu’il est encore enfant, Andrei est percuté par une voiture dans le rue, et devant le divorce de ses parents, ce dernier développe une hypersensiblité et doit régulièrement consulter un psychologue. A 7 ans, son père le pousse à faire ses débuts dans le football et l’inscrit à l’école de football de la Smena, dans laquelle le Zénith puise ses plus grands espoirs. Physiquement limité par sa croissance, le jeune Andrei travaille sa vitesse et sa technique, et devient rapidement un jeune pousse prometteur. A 19 ans, il joue son premier match avec l’équipe première du Zenith, lors d’un match d’Intertoto contre Bradford. Dès lors, la Volga semble avoir vu naitre le futur de la Russie. Arshavin connait une ascension fulgurante, et offre en 2007 un titre de champion que le Zenith attendait depuis 23 ans. L’année suivante, le lutin Russe soulève la coupe UEFA, au terme d’une finale qui le désignera homme du match. Dans les tribunes du City of Manchester Stadium, communément appelé Etihad Stadium, un homme aux cheveux grisonnants a fait 260 km du sud-est pour observer la nouvelle attraction européenne, et grace à ce dernier, Arshavin, auteur d’un Euro flamboyant avec la Russie, pose ses valises à l’Emirates un soir de janvier, alors que la neige jonchait le sol londonien.
Très vite, Arshavin prend pleinement part aux larges succès de sa nouvelle équipe lors de la fin de saison. Si aucun de ses buts ni aucune de ses assists ne furent décisives sur le score tant Arsenal déroula à cette période, le nouvel arrivant ravit les supporters et claque quatre buts à Anfield un soir d’avril, accrochant le nul à lui seul. A l’époque, la tactique Wenger se mutait en 4-3-3, et devant l’inamovibilité de son capitaine et meneur de jeu d’antan Cesc Fabregas, le manager alsacien place Arshavin sur l’aile gauche, en tant que meneur de jeu excentré. Sa palette technique et sa conduite de balle ultra-rapide et précise en font un élément très provocateur et capable de diriger à merveille les phases d’attaques rapides. Mais dans le système Wenger, le milieu Russe ne répond pas aux attentes défensives qu’on a de lui. Les supporters lui reprochent parfois son laxisme et sa désinvolture, qui portent préjudice au bon fonctionnement de toute l’aile. Le point de non-retour est atteint le 22 janvier 2012, près de 100 matchs plus tard. Arshavin a alors perdu sa place depuis près d’un an, la paire Nasri-Fabregas l’ayant mis hors-course début 2011. Ce jour-là, Arshavin est sur le banc face à Manchester United, le jeune Alex Oxlade-Chamberlain lui ayant été préféré. L’Anglais devient l’idole de la foule après sa passe décisive pour le but égalisateur de Robin Van Persie, et cède alors sa place au Russe et à son expérience. Quelques minutes plus tard, Valencia attaque sur son aile droite, et amène le second but des Red Devils en raison d’un défense beaucoup trop tendre de son vis-à-vis, Andrei Arshavin. Ce dernier, auteur d’un début de saison pitoyable, incapable de mener la barque après les départs de Nasri et Fabregas, devient rapidement un problème de taille pour son club. Il reste le second plus gros salaire d’Arsenal, et Wenger ne considère plus rentable que de payer sa prime d’apparition à 15000£. Pourtant, ce dernier fait alors une erreur considérable en reléguant son plus gros transfert au rang de second couteau. Ramsey, qui aurait alors eu besoin d’être soutenu, voire même céder sa place de milieu créateur qui ne lui sied guère, aurait pu/du pouvoir compter sur Arshavin. Le club devra s’en remettre aux passes longues de Song pour approvisionner son buteur fétiche, alors que le Russe aurait pu retrouver son poste de prédilection et apporter une verticalité dans le jeu qui manquait cruellement depuis que Fabregas avait quitté le club. Dans son rôle d’electron libre, Arshavin aurait pu empêcher la “Van Persie dépendance” en apportant du danger devant le but, mais la doublette ne voit jamais durablement le jour. Même lors de la saison précédente, les deux Gunners n’avaient quasiment pas taquiné le cuir ensemble, débutant seulement 8 matchs ensemble dans le onze titulaire. Ainsi, le capitaine de sa sélection nationale est envoyé en prêt dans son ancienne maison, au Zenith Saint Petersbourg pour la fin de la saison 2011/2012.

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« He has done it! FOUR! »

L’année suivante, Arshavin est aux oubliettes. Avec les arrivées de Cazorla et Podolski, le Russe passe au second plan et réalise une quasi saison blanche. Et pourtant, certains chiffres pourraient interpeller: le concerné a joué 350 minutes pour le club, et a marqué un but et délivré 6 passes décisives, ce qui le rend décisif toutes les 50 minutes. Avec de telles statistiques, Arshavin aurait pu bénéficié de plus de clémence. Wenger s’est montré deux fois plus patient avec Gervinho et trois fois plus avec Ramsey. “Il mérite du crédit, il se donne à 100% à l’entrainement et travaille dur” déclarait le coach français au sujet de l’ex-joueur du Zenith en avril dernier. Alors pourquoi? Aujourd’hui, malgré tous ses vices, comme sa sortie alcoolisée récente dans un pub londonien ou son laxisme défensif irritant en match, Arshavin garde l’image d’un joueur attachant. Son doigt posé sur ses lèvres, intimant le silence après ses buts, son sourire permanent sous son bonnet restent en mémoire, même si c’est la déception qui prime alors que le lutin Russe quitte Colney en ce mois de juin. La déception de voir un joueur de classe mondiale quitter le club sur un échec, et surtout de voir que cet échec reste en majeure partie l’oeuvre d’Arsène Wenger.

#Anto 

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