Compte-rendu d’Arsenal 1 – 1 Manchester United (35ème journée de Premier League).

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L’orgueil modéré d’Arsenal.

Dos au mur pour cette périlleuse 35ème journée, les Gunners étaient dans l’impératif d’une victoire ce dimanche face à Manchester United. Mettant tout d’abord beaucoup d’agressivité et de volonté dans leur jeu, les hommes de Wenger ouvrirent précocement le score avant de perdre pied à cause d’une énième erreur individuelle. Pêchant encore une fois dans le dernier geste, Arsenal ne peut faire mieux que concéder le nul, et s’expose à une fin de saison encore plus compliquée que prévu.

Un visage étonnant et séduisant.

Qui aurait imaginé un tel scénario de début de match ? Dominés au score (à l’exception d’un certain 1er mai 2011) et dans le jeu depuis de longues années face à United, les Gunners n’auront même pas laissé leurs adversaires respirer aujourd’hui, tant la furtivité de Theo Walcott frappa de plein fouet les Mancuniens dès la deuxième minute. Légèrement aidé par une position de hors-jeu non relevée, l’Anglais jouit d’une excellente passe dans la profondeur de Rosicky pour aller ajuster De Gea. Alors que Van Persie, hué il y a encore quelques secondes par une foule rancunière envers son héros déchu, rumine son ballon perdu, son ancien compère exulte. Le jeune Anglais, en disgrâce auprès des supporters depuis de longues semaines pour ses pâles prestations, vient de marquer l’un des buts les plus importants de la saison. D’autant plus que le déroulement de la rencontre tourne à l’avantage des Gunners par la suite, qui montrent un visage aussi surprenant que séduisant. Probablement portés par leur orgueil mis en branle par la haie d’honneur faite en début de match, ces derniers montrent une agressivité et une hargne rare, à l’image d’un Koscielny qui ne laisse aucun ballon à son ancien coéquipier Robin Van Persie. Intraitable, le Français est premier sur chaque ballon et n’hésite pas à suivre le Néerlandais jusqu’au rond central pour le faire fuir. Subjugués par cette volonté, les canonniers s’essayent tour à tour sur les buts de De Gea. Rosicky tente sa chance, suivi de Cazorla qui sans l’intervention du portier Espagnol se préparait à dépoussiérer la lucarne. Devant cette vague de fraicheur rouge et blanche à laquelle les Red Devils n’ont pas été habitués ces dernières années, les hommes de Ferguson sentent la frustration monter, et écopent pour quatre d’entre eux d’une biscotte pour de vilaines fautes. Van Persie cisaille Mertesacker, comme il l’avait fait avec Sagna lors du match à Old Trafford, et les huées reprennent de plus belle à l’encontre de l’ancienne gloire. Mais si Koscielny le muselait à merveille depuis le début de la rencontre, ce ne fut pas le cas de toute l’arrière-garde Gunner. Le Néerlandais commence alors à dézoner, et fait parler son jeu face au but dans les derniers trente mètres, prouvant à quel point son départ a sevré l’Emirates de cet exceptionnel atout. Débute alors le show Sagna, marionnette dont Van Persie tiendra les baguettes à chaque excursions sur son côté droit. Lancé dans la profondeur, le Néerlandais dépose son vis-à-vis et centre pour Jones qui bien heureusement rate sa reprise de la tête. Si jusqu’à là, les Gunners avaient leur match bien en main, la rencontre tend à s’équilibrer et les occasions d’United se multiplient. Szczesny, puis Sagna, s’interposent tour à tour devant Van Persie et Jones pour empêcher les Mancuniens de revenir au score. De leur côté, les hommes de Wenger peinent dans les derniers mètres. Si Rosicky accélère à merveille le tempo des phases offensives de ses compères, Walcott n’arrive pas à trouver de profondeur et Podolski reste muet, confirmant bien que son profil ne s’adapte pas à la pointe d’Arsenal. Dans un registre similaire à celui de Van Persie dans le dézonage, l’Allemand n’a en revanche pas la même qualité que son homologue dans son jeu dos au but et face au but. L’ancien buteur de Cologne étire la défense, mais personne ne profite de la profondeur offerte par ses décrochages et les Gunners se retrouvent obligés de tourner autour du bloc des Red Devils. Face à cette stérilité récurrente, il aurait été étonnant que la formation de Ferguson n’en profite pas…

Bourde et coaching perdant.

Alors que la mi-temps se profile doucement, Sagna se rend alors coupable d’une affreuse passe en retrait, et Van Persie, toujours dans les bons coups, s’empare du ballon avant de déposer Mertesacker. Alors que le Néerlandais se retrouve dans un angle archi-fermé, d’autant plus pour sa patte gauche, Sagna vient le tacler en pleine surface d’une façon incompréhensible et offre un penalty à l’ancien buteur maison. Ne faisant ni une ni deux, ce dernier transforme froidement l’offrande, puis reste muet par respect. Les Gunners viennent de nouveau de se tirer une balle dans le pied. Le pressing haut et usant de la première période et le but mérité du début de match sonnent dès lors creux après cette énorme bévue. Wenger, qui pensait pouvoir gérer tranquillement la seconde période face à une équipe Mancunienne qui jouait légèrement avec le frein à main, doit revoir ses plans.

Au retour des vestiaires, le match s’équilibre, et devant des Gunners qui prennent de plus en plus de risques, les Red Devils héritent d’espaces intéressants pour jouer le contre. A plusieurs reprises, ces derniers se montrent dangereux et sont proches de doubler la mise. Dans l’impératif d’une victoire, Wenger balancent toutes ses forces dans la bataille, et fait rentrer Wilshere, Gervinho et AOC. Attendu, le numéro dix passera à côté de son match, parvenant même à faire regretter le petit Mozart, véritable dynamiteur de l’heure de jeu. Gervinho, quant à lui, n’apportera aucune profondeur à l’instar de son prédécesseur en pointe, et se cassera les dents sur le bloc blanc, alors qu’AOC rentrera beaucoup trop tard pour montrer quoi que ce soit contre une équipe qui lui a pourtant réussie par le passé. Alors que le coaching était le fer de lance de la réussite d’Arsenal cette dernière semaine, l’équipe aura payé le manque d’efficacité de celui-ci aujourd’hui. La fin de match est marquée par de belles occasions d’un côté comme de l’autre, et cette rencontre aurait pu tourner à l’avantage d’une des deux formations. Ni Ramsey ni Cazorla ne seront en mesure d’inverser la tendance et de faire oublier cette grosse erreur qui coute le match en fin de première période. «A la fin de la journée, le regret que vous avez, c’est évidemment ce but encaissé juste avant la mi-temps » dira Wenger au micro de SkySports à la fin de la rencontre. En les circonstances de cette fin de saison, le manager Alsacien peut ressentir le gout amer de la défaite qu’a ce nul, tant ses hommes étaient en mesure de faire tomber le néo champion 2013. Même si Arsenal conserve une belle quatrième place à la fin de cette 35ème journée, il n’y a désormais plus de calcul possible. Trois matches, trois victoires, tel est l’objectif des Gunners pour cette fin de saison. Mais si ces derniers arborent le même visage qu’aujourd’hui jusqu’au 19 mai, il se pourrait bien que l’odeur européenne vienne rapidement leur titiller les narines.

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zczesny impuissant face au penalty de son ancien capitaine.

Fiche du match

Arsenal 1-1 Manchester United (affluence: 60, 112)
Premier League, 35e journée

Buts: Walcott (2e) pour Arsenal ; van Persie (44e sp) pour Manchester United
Avertissements: Walcott (33e), Sagna (43e), Oxlade-Chamberlain (81e) pour Arsenal ; Jones (17e), Rafael (24e), van Persie (28e), Evans (30e), Valencia (65e)

Les équipes de départ:
Arsenal: Szczesny – Sagna, Mertesacker, Koscielny, Gibbs – Arteta, Ramsey (Oxlade-Chamberlain, 78e), Rosicky (Wilshere, 61e)– Walcott, Podolski (Gervinho, 71e), Cazorla. Entr: A.Wenger.
Non utilisés: Mannone, Vermaelen, Monreal, Jenkinson

Manchester United: De Gea – Rafael (Anderson, 73e), Ferdinand, Evans Evra (cap.)– Carrick, Jones, Valencia, Nani (Giggs, 83e) – Rooney (Hernandez, 88e)– van Persie. Entr. Sir A.Ferguson
Non utilisés: Lindegaard, Büttner, Kagawa, Cleverley

Chiffres du match
Possession: Arsenal 52% – 48% Manchester Utd
Tirs (dont cadrés) : Arsenal 19 (6) – 12 (4) Manchester Utd
Arrêts: Arsenal 3 – 5 Manchester Utd
Corners: Arsenal 7 -2 Manchester Utd
Fautes: Arsenal 11 – 12 Manchester Utd
Hors-jeu: Arsenal 1 – 1 Manchester Utd
Tacles: Arsenal 17 – 14 Manchester Utd
Pourcentage de passe réussies: Arsenal 80% – 83% Manchester Utd
Duels aériens remportés: Arsenal 38% – 62% Manchester Utd

Les notes d’AFC:

Szczesny (6,5) : Un match correct durant lequel il aura fait ce qu’il avait à faire. A noter un arrêt incroyable devant une tête de Van Persie. Il ne peut en revanche rien sur le pénalty.

Sagna (3,5) : Peu en réussite sur ses centres, Sagna aura été déterminant dans le résultat du match puisque sa perte de balle et son tacle stupide auront coûté le pénalty de l’égalisation

Mertesacker (6) : Son association et son entente avec Koscielny rendent Arsenal très solide défensivement. Son placement et son intelligence du jeu ont été intéressant aujourd’hui.

Koscielny (8,5) : Koko a une nouvelle fois livré une saison de haut niveau. Il termine l’année en trombe et a parfaitement géré Van Persie tout au long du match en obtenant quelques fois des fautes intelligemment. Premier sur tous les ballons, il aura montré une hargne sans faille. L’homme du match selon AFC.

Gibbs (6,5) : On aurait pu espérer Monreal pour un profil un peu plus défensif, il n’en fut rien et c’est Gibbs qui s’est retrouvé sur l’aile de la défense. Précis, vif offensivement, son envie a fait déjoué Valencia une majeure partie de la rencontre

Arteta (7,5) : Le néo-capitaine a montré la voie aujourd’hui de par son envie et sa justesse au milieu de terrain. Il a su trouvé la clé pour faire jouer au mieux ses partenaires avec Ramsey et Rosicky

Ramsey (7) : Le milieu de terrain était très bien organisé avec un pressing de tous les instants, mené notamment par Ramsey. Le meilleur Gunner de ses dernières semaines a de nouveau livré une belle et solide prestation, malgré ses quelques ballons perdus bêtement.

Rosicky (7,5) : Son retour est la meilleure chose qu’Arsenal pouvait espérer, et cela se prouve. De la justesse, de la maîtrise et de la vista de la part du petit Mozart qui a pleinement mené sa barque aujourd’hui.

Cazorla (6,5) : Malgré un coup de fusil en première période, Santi n’a pas sorti le meilleur match de sa vie. Exilé sur le côté gauche, il a dû laisser les clefs du jeu à Rosicky aujourd’hui et n’a pas eu la même influence que d’ordinaire malgré ses deux ou trois bonnes frappes.

Walcott (6,5) : La première occasion fut la bonne et Theo a parfaitement su géré son un contre un avec De Gea pour ouvrir le score. Malgré une prestation par la suite mi-figue mi-raisin, ce but va lui faire du bien au moral pour cette fin de saison.

Podolski (5) : L’Allemand avait l’occasion de briller en l’absence de Giroud. Il n’en fût rien. Il s’est montré beaucoup trop discret sur le front de l’attaque pour être décisif aujourd’hui. Trop peu d’appels, et son dézonage fût stérile tant son jeu dos et face au but fût trop prévisible.

#Yannick, #Dim et #Anto

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